conjonctures céréalières

2025
Exposition de fin de maîtrise
MFA Gallery, Concordia University


Les recherches réalisées dans le cadre de conjonctures céréalières s’attardent à l'histoire de la sorcellerie en examinant ses liens avec la ruralité, le folklore, la démonologie et leurs iconographies. Vers la fin du Moyen Âge et au début de la modernité, la sorcellerie était encore étroitement liée à la vie rurale, en raison des superstitions et pratiques populaires. Dans les campagnes, les paysan.ne.s et cultivateur.trice.s craignaient les attaques contre leurs forces reproductrices : moissons abondantes; santé du bétail; fertilité; postérité; etc.

Les cultures céréalières, de même que l'approvisionnement en pain, étaient au cœur de l'organisation sociale. L'ensemble du calendrier et des activités était basé sur le caractère cyclique de l'agriculture. Ainsi, diverses traditions païennes et folkloriques visaient à “solliciter la faveur divine” pour avoir de bonnes récoltes, renverser les envoûtements et contrer les forces maléfiques.

Inspirée par la manière dont ces éléments - en apparence disparates - sont entremêlés, ce corpus d'œuvres se présente comme une exploration matérielle de ces fragments historiques. Dans chacune des œuvres, les corps, les mythes et les matières renferment des récits et consolident les symboliques qui s’y rattachent. Je me sers des cultures céréalières comme fil conducteur, la sorcière comme trame politique et le pain comme protagoniste. 

Crédit photo : Laurence Poirier lapoirier.com

 

fausse. étale.

2024
Bronze, dessus de table, bois de chêne, bouteille de poison antique d’Allemagne, pintes, sous-verres, guide de premiers soins, bière, urine

 
 

petits ravages

2023
Technique mixte sur papier terraskin, crottes de souris

 

âmes creuses & démonopathie

2023
Bronze, feuilles de micocouliers infestées, porte à âme creuse, faux nez, élastique usé, crochet, souffleuse à feuilles électrique

 
 

voici mes miettes de moi

2023
Bronze, miettes de pain, sac en plastique, eau

 
 
 

service pet

2023
Fausse roche cache-clé, roues de petite voiture, laisse trouvée, clé qui mène nulle part

 
 

La pratique du tison

2023
Installation, dessin
Centre des arts actuels Skol


Fascinée par les cycles de productivité présents dans la nature et dans toute forme de travail, je collectionne depuis 2020 des balais usés jusqu’à la corde. Trouvés au bord du chemin ou recueillis dans mon voisinage, les balais effrités deviennent l’objet de projections métaphoriques. Témoins de multiples transformations matérielles, je lie formellement et symboliquement leur usure excessive au brûlage, au fauchage et au burn out.

Crédit photo : Guy L’Heureux

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Burnout Brooms

2020-2024
Collection de balais usés, œuvre évolutive.

Crédit photo : Kyle Tryhorn

 

Dormance

2021-2022
Dessins, vidéo-performance, installation infiltrante in situ
Verticale — centre d’artistes


Dormance
est un projet de dessin et vidéo-performance explorant le potentiel performatif des protections adoptées par le domaine horticole et les plantes pour la saison hivernale. Cette recherche établit un lien de proximité entre la période de dormance des plantes, la dépression et la régénération artistique. La lenteur de l’hiver, l'observation attentive du paysage et le caractère inébranlable des plantes ensevelies sous la neige porte à reconsidérer nos états de productivité. 

Suivant le développement de la période de repos et de récupération des plantes, Rose de la Riva documente les modes de protection des végétaux lors d’explorations in situ aux jardins du Centre de la Nature de Laval. La spectacularité du site mis en pause, les végétaux se préservent sous une épaisse bordée faisant office de maison éphémère. Un poids, un gros duvet les forçant au repos.

Suggérant une transformation intérieure, la couche de neige et les mouvements de protection des plantes deviennent pour l’artiste des motifs visuels qui évoquent l’attente, la stagnation, la torpeur, mais aussi la récupération, la guérison et le renouveau. Cette association émotive et conceptuelle aux végétaux appelle à former un mouvement de régénération artistique, à la bienveillance, au soin, à substituer la spontanéité performative par la substantialité performative.

La valeur esthétique et émotive des plantes, le soin qu’on leur accorde pour les préparer au froid et leur résilience naturelle est ainsi prétexte à la production d’un corpus d'œuvres picturales qui mènent au développement d’un langage performatif. Une physicalité de l'ensevelissement, de l’horizontalité et du repli.


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Algues fraîches

2021
Installation performance
Appartement du quartier Saint-Henri, Montréal

Dans le cadre de l’exposition collective, collaborative et évolutive On aura au mieux, les uns, les unes et tout le reste (careters Marie-Claude Gendron, Michelle Lacombe, François Rioux, Sonja Zlatanova)

Crédit photo : Manoushka Larouche


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Soft Back Stab

2019
Installation performance
GHAM&DAFE, Montréal

Dans le cadre de l’exposition collective Faute de moyens, on aura au mieux, les uns, les unes et tout le reste, careter Marie-Claude Gendron

Crédit photo : Marie-Claude Gendron

 

Too Bad Percé

2017-2018
Vidéo-performance, installation vidéo

Galerie de l’UQAM

Vidéastes : Célia Dehouche et Aziza Nassih

 

Où sont les briques ?

2018
Installation vidéo, performance

Exposition collective Pendant qu’il fait mauvais
Ateliers Jean Brillant, Montréal


Où sont les briques
est une installation vidéo résultant d’explorations performatives. Débuté l’automne 2016, le projet s’élabore sur le terrain au coin de la rue Ontario Est et Moreau dans le quartier Hochelaga (Montréal). Nourri par les hasards et la fluctuation des saisons, la performance, construit une narrativité, surgit comme une ombre furtive pour tenter une compréhension sensible du paysage urbain. C’est un rendez-vous avec la nuit et le froid.

Témoignant de la volonté d’occuper nos espaces urbains, les vidéos-performances proposent une évocation poétique et intimiste de la sorcière. Dans la création d’un récit personnel subversif, il s’agit d’offrir une présence illicite et d’activer un pouvoir d’action dissident, un rapport intuitif et clairvoyant. Ce projet émerge d’une réflexion existentielle sur l’impuissance, l’architecture, la nécessité d’espaces créatifs autonomes et le pouvoir gentrifiant des artistes.